jeudi 20 août 2009 par Alain GOGNIAT
Extrait d’un article de Francine Brunschwig paru dans 24heures du 20 août 2009
GRIPPE - A la veille de la rentrée scolaire, pas de paranoïa, juste les bons comportements. Exemple avec une famille fictive imaginée par le Dr Eric Masserey, médecin cantonal adjoint.
En septembre ? Ou plus tard vers fin octobre, début novembre ? Difficile de prévoir avec exactitude à quel moment la grippe A (H1N1) atteindra son pic. Mais ce qui est sûr, c’est que l’épidémie arrivera. Désormais considérée comme plutôt banale et pas plus dangereuse pour la population en bonne santé que la grippe saisonnière, la grippe A (H1N1) présente cependant des risques de complications pour trois catégories de personnes : les bébés de moins de 1 an, les femmes enceintes et les personnes, tous âges confondus, souffrant de pathologies chroniques.
« Ce sont elles qu’il faut éviter de contaminer. Ce sont elles aussi qui seront vaccinées en priorité », répète le Dr Eric Masserey, médecin cantonal adjoint.
Voici, au travers d’une famille fictive dont l’un des membres attrape la grippe, les questions qui vont se poser et les comportements recommandés.
Le père travaille dans une grande entreprise, la maman est éducatrice dans une garderie. Ils ont trois enfants : un bébé de 8 mois et un enfant de 3 ans qui vont tous les deux à la crèche, ainsi qu’un enfant de 8 ans, élève d’une classe primaire
LUNDI - Monsieur X tousse et a un début de rhume. Mais pas de fièvre. Il peut aller travailler. Au bureau, il avertit sa collègue enceinte de ne pas s’approcher de lui. Il tousse dans un mouchoir, ne serre plus la main et n’embrasse personne. Mais l’après-midi, il se sent fiévreux. Il rentre, après avoir averti son employeur. Il prend sa température : 38,8 ºC.
Il estime, avec raison, qu’il n’a pas besoin d’appeler son médecin. Sauf bien sûr si la situation évolue mal. Il va rester à la maison et ne pourra retourner au travail qu’après un jour complet sans fièvre. A noter que si monsieur X souffrait de diabète ou de toute autre maladie chronique, il devrait tout de suite appeler son médecin.
A la maison, le grippé s’efforce de rester à distance de ses proches, de ne pas les embrasser. Tous les membres de la famille respectent les règles d’hygiène de base. De plus, ils n’utilisent pas les mêmes linges que le malade pour s’essuyer les mains et le corps, ils évitent aussi de boire ou de manger dans les mêmes verres et couverts.
Le masque ? Il n’est pas nécessaire de le porter. Le virus H1N1 se transmet essentiellement lors de contacts étroits et au travers de surfaces solides (linge, table, mains).
Dans l’entreprise, la collaboratrice enceinte doit être avertie que monsieur X a la grippe. Bien qu’elle n’ait pas eu de contact étroit avec lui, elle doit rester vigilante. Au moindre symptôme, elle doit consulter son gynécologue.
MARDI - Les autres membres de la famille n’ont aucun symptôme et vaquent à leurs occupations usuelles.
En déposant les deux petits à la garderie, la mère informe la responsable que le père a la grippe. Elle souhaite être avertie tout de suite si le bébé développait le moindre symptôme dans la journée. Elle se rend dans la crèche où elle travaille et informe également la responsable que son mari a la grippe.
Dans l’après-midi, la mère reçoit un téléphone de la garderie où se trouvent ses enfants : le bébé mange mal, a de la diarrhée. Il a 38 de fièvre et montre de l’irritabilité. Elle part immédiatement le chercher et se rend de suite chez le pédiatre. « Un bébé irritable et fiévreux, c’est une urgence », affirme le Dr Masserey.
Tous les parents de la garderie seront informés du cas et priés d’être attentifs. Aucune autre mesure ne doit être prise et la garderie ne doit pas fermer. Inutile d’exiger un certificat médical attestant qu’un enfant n’a pas la grippe.
A partir de trois cas de grippe et plus dans un même lieu, par contre, les responsables doivent prendre contact avec le Service de la santé publique. Ce dernier procède à des tests diagnostics pour confirmer la présence du virus H1N1.
Désormais, la mère reste avec son bébé, que le pédiatre aura probablement hospitalisé.
MERCREDI - L’enfant de 3 ans, en forme, va à la garderie. Face à l’inquiétude des autres parents, la responsable demande au médecin cantonal de l’autoriser à prendre une mesure d’éviction à l’encontre du frère du bébé grippé. Il lui explique que l’éviction préventive d’un enfant asymptomatique ne se justifie pas.
JEUDI - Vers 16 h l’enfant de 8 ans rentre de l’école fiévreux. Il a 38,5 de fièvre. Les parents avertissent la maîtresse. Cette dernière informera l’infirmière scolaire, qui devra prendre les mesures appropriées pour les élèves à risque s’il y en a (ayant une maladie chronique). Même scénario que la garderie au-delà de trois cas.